Séralini : « Qu’on décortique les études de Monsanto comme les miennes »

Le Pr Gilles-Eric Séralini, auteur d’une étude controversée sur un maïs OGM, a demandé lundi que les études de Monsanto qui ont servi à autoriser des OGM soient publiées et « décortiquées » comme les siennes, lors d’une conférence de presse à Caen (Calvados), après les avis négatifs des autorités sanitaires sur son travail.

« Je n’empêche personne de refaire mon expérience » « Je n’empêche personne de refaire mon expérience »

« Là on comprendra que les études qu’ils ont faites sont carrément insuffisantes avec une puissance statistique qui, je vous le promets, sera encore inférieure à la nôtre. Il ne faut pas prendre la santé des enfants en otage », a-t-il déclaré.

« Les études de Monsanto qui ont permis des mises sur le marché sont gardées secrètes tandis que les nôtres, on les décortique jusqu’à la mœlle. Moi, mes tests, pour l’instant, n’ont servi ni à l’autorisation ni à l’interdiction des produits, rappelle l’universitaire. Qu’on arrête un peu de rigoler aujourd’hui et qu’on sorte des tiroirs les produits et les façons dont ils ont été évalués. Qu’on arrête de jouer à cache cache ».

Le Pr Séralini maintient avoir prouvé la toxicité du maïs NK 603 dans son étude controversée parue dans une revue scientifique internationale le 19 septembre.

Il affirme être « soutenu par plus de 160 scientifiques dans le monde »

Il a à nouveau plaidé pour l’interdiction du maïs NK 603, qui ne représente qu’une petite partie des importations OGM. Il a reconnu qu’une interdiction immédiate de tous les OGM poserait « une difficulté économique » dans la mesure où une majorité du bétail européen est nourri avec du soja transgénique.

L’agence de sécurité sanitaire (Anses) a réfuté lundi l’étude controversée du Pr Séralini sur un maïs transgénique, soulignant les « faiblesses » de ces travaux, tout en appelant à engager des études sur les effets à long terme de la consommation d’OGM associés à des pesticides. Un point de vue que M. Séralini a jugé « schizophrénique ». Le chercheur français a en outre affirmé qu’il avait « le soutien de plus de 160 scientifiques dans le monde » qui ont écrit à son éditeur scientifique.

Source : Le Parisien, 22 octobre 2012