Nouvelle occupation pour réclamer l’interdiction du maïs OGM de Monsanto

Des faucheurs volontaires, apiculteurs et militants anti-OGM occupaient mardi 21 février le siège de la direction régionale de l’agriculture, pour exiger l’interdiction immédiate du MON810, le maïs OGM du géant américain Monsanto.

Une centaine de manifestants (une soixantaine selon la police) se sont introduits dans les locaux de la cité administrative, dans le centre de Toulouse. Ils ont été reçus par le directeur adjoint, qui a transmis leur requête au ministère de l’agriculture.

"Nous demandons un arrêté conservatoire pour interdire le commerce, la cession, le transport et la culture du MON810 et nous resterons ici jusqu’à ce qu’on ait une réponse positive", a déclaré un des protestataires, Jacques Dandelot.

Lundi, le gouvernement a demandé à la Commision européenne de suspendre l’autorisation de mise en culture du maïs OGM MON810 en s’appuyant sur de nouvelles études scientifiques. Mais attendre une réponse de l’institution européenne, dans un délai de trois semaines à un mois, permettrait aux agriculteurs intéressés de semer légalement du MON810 à la faveur du redoux, alertent les militants anti-OGM.

UN MORATOIRE "SANS DOUTE REFUSÉ" PAR L’UE

En revanche, la demande de suspension de l’autorisation du maïs Monsanto a été vu d’un autre œil par l’Association française des biotechnologies végétales (AFBV), qui a dénoncé mardi "le signe négatif envoyé par le gouvernement aux acteurs des filières agricoles et agro-industrielles". Avec cette décision, "la France sacrifie sa recherche sur les biotechnologies végétales", estime l’AFBV. Pour elle, "même si ce ’moratoire’ sera sans doute refusé par les autorités européennes faute d’arguments scientifiques nouveaux et reconnus, cette démarche aboutira très probablement à instaurer une nouvelle interdiction de culture du maïs Bt dans notre pays". Le maïs Bt est un type de maïs OGM dont la variété la plus connue est le MON810.

L’AFBV a demandé récemment, dans une lettre ouverte aux candidats à la présidentielle, l’autorisation de procéder à des essais de cultures de plantes génétiquement modifiées dans les champs à des fins de recherche. Un premier moratoire sur les cultures OGM, lancé par la France en février 2008, a été invalidé par la Cour européenne de justice de Luxembourg, puis par le Conseil d’Etat, en novembre 2011.

Source :Le Monde.fr avec AFP, 21 février 2012