EDITO du 3e trimestre 2011

De récentes avancées !

Ces derniers mois ont été marqués par diverses « victoires », ou pour le moins avancées vers « un monde sans Monsanto » : aux Etats-Unis 270 000 agriculteurs intentent un procès au géant de l’agroalimentaire, l’Etat indien fait de même pour condamner ses actes de biopiraterie, la Cour de justice de l’union européenne a pris une importante décision sur le miel contaminé par du pollen OGM…

Tous ces évènements témoignent d’un réveil des institutions face aux pratiques irresponsables et dangereuses de compagnies telles que Monsanto. La société civile avait de son côté déjà réagi depuis bien longtemps, mais n’a pas toujours trouvé une tribune pour faire entendre sa voix et valoir ses droits. Espérons que l’issue de ce procès, permis par la particularité de la procédure américaine autorisant les recours collectifs (« class action ») leur donnera raison : il s’agirait d’une petite victoire de David contre Goliath, de l’intérêt général sur le profit, et du bien commun face à la marchandisation de la Nature !

Notons que la Nature est la première à se rebeller et à déjouer les tours de ces apprentis sorciers puisque la chrysomèle du maïs, visée par la toxine Bt du maïs Monsanto, a naturellement trouvé un moyen de prospérer dans les champs transgéniques ! Monsanto accuse le coup en amenuisant l’ampleur de ces résistances et en vendant des variétés combinant 2 types de toxines. Nous pensons au contraire qu’au lieu de surenchérir avec ces techniques imparfaites, le bon sens voudrait que nous nous tournions vers une agriculture paysanne aux nombreux avantages sociaux et environnementaux.

Cependant toutes les nouvelles du front ne sont pas bonnes…

A l’occasion d’une rencontre organisée par Artisans du Monde-Rhône Alpes en juin, Combat Monsanto a interrogé le secrétaire général du syndicat de cotonculteurs burkinabé, militant pour un Burkina Faso sans OGM. Le coton Bt, autorisé à la commercialisation au Burkina Faso en 2008, représente, 3 ans plus tard, déjà 70% de la production totale de coton burkinabé, avec toutes les conséquences économiques, sociales, environnementales et sanitaires que l’on connaît. Le Burkina Faso est ainsi devenu le véritable « cheval de Troie » des OGM pour l’Afrique de l’Ouest.

De plus, une campagne pour l’introduction de sorgho génétiquement modifié dit « fortifié » se met en place avec l’appui de grosses fondations (telles que la « Fondation Bill et Melinda Gates »), de firmes transnationales et du ministère américain de l’agriculture .
Combat Monsanto tient à relayer et soutenir ces résistances africaines face à ces projets qui sont non seulement catastrophiques pour la souveraineté alimentaire et l’agriculture paysanne africaines déjà tant menacées, mais également pour l’Europe dont l’opposition à l’entrée des produits génétiquement modifiés est déjà largement fragilisée.

Une priorité : la dénonciation des conflits d’intérêts

En effet, l’Europe pas à l’abri de céder aux pressions des lobbys de l’agroalimentaire qui essaient sans relâche d’imposer leurs produits dangereux pour la santé et la démocratie ! Des ONG ont à nouveau révélé l’existence de conflits d’intérêts scandaleux concernant des membres de l’Agence Européenne de Sécurité des Aliments (AESA). Après la dénonciation de la grossière double casquette de Diána Bánáti , à la fois directrice du conseil d’administration de l’AESA et membre d’un lobby financé par l’industrie (l’International Life Sciences Institute), ces ONG ont démontré que l’organe garant de la sécurité alimentaire de l’Europe compte parmi ses « experts » des scientifiques largement liés à l’industrie agroalimentaire.

Non seulement le débat public n’a jamais été permis concernant la question des OGM, mais même s’il le devenait, les citoyens ne disposeraient pour ce choix de société primordial que d’outils biaisés et d’informations déformées au profit d’intérêts privés jugés supérieurs. Or, la science se doit d’être au service de la société et de l’intérêt général, de même que le « progrès » n’a de sens que s’il est au service de l’Humain, et de tous les humains.
Au moment où « les Indignés » marchent vers Bruxelles, cette recherche de démocratie et de transparence se fait cruellement sentir. Ainsi, Combat Monsanto s’est lancé sur la question des conflits d’intérêts, pour que la connaissance scientifique soit remise entre les mains des citoyens, et non de compagnies aussi tristement célèbres que Monsanto…

Chaque contribution compte ! N’hésitez pas à nous soutenir en faisant un don, en relayant des informations ou tout simplement en partageant votre attachement à une démocratie et une alimentation saines !

Bonne rentrée !

L’équipe de Combat Monsanto.