Cultures OGM et pesticides : Les effets négatifs du « roundup » sous-estimés

Lors de la conférence de presse de ce matin Greenpeace Luxembourg a présenté son nouveau rapport [1] révélateur sur les effets négatifs du glyphosate, principale composante du pesticide « roundup » de Monsanto. Le rapport « Herbicide tolerance and GM crops – why the world should be ready to roundup glyphosate » analyse près de 200 études scientifiques publiées récemment dans des revues reconnues.

Le rapport conclut à l’évidence scientifique que le glyphosate pose de sérieux problèmes pour l’environnement et la santé publique. Greenpeace demande aux Ministres de l’Agriculture et de la Santé d’interdire sur base de ces révélations scientifiques l’usage du « roundup » et de créer dans les meilleurs délais un label « sans OGM », future marque de qualité pour le lait, la viande et les œufs issus d’une production qui n’utilise pas de matières fourragères OGM et notamment pas de soja OGM. [2]

Sur base des données fournies par l’industrie agrochimique, le glyphosate et les pesticides dont il est la composante principale, comme par exemple le « roundup », ont pendant long temps été considérés comme « pas si dangereux » par les autorités publiques, notamment au niveau européen. Le rapport de Greenpeace remet fortement en question cette évaluation. Les nouvelles évidences scientifiques montrant que ces produits chimiques sont dangereux pour la santé et l’environnement, commencent à s’accumuler. L’évaluation et l’autorisation de ces produits comportent des lacunes notamment au niveau de la transparence des données, ce qui est très inquiétant. De nombreuses données nécessaires pour mener des études indépendantes sont souvent classées « secret commercial ».

Le glyphosate, par exemple sous forme de « roundup » est actuellement en vente libre au Luxembourg. [3] L’importation de matières fourragères OGM, notamment du soja OGM est directement liée à l’utilisation du glyphosate dans les pays de culture dans le Sud.

« Nous transmettrons aux Ministres en charge de la Santé, de l’Agriculture et de l‘Environnement ces nouveaux éléments et nous les encourageons à appliquer aussi dans ce cas-ci [4] le principe de précaution et à prendre les mesures pour empêcher que les produits contenant du glyphosate, notamment le « roundup » continuent à empoisonnenr lentement les enfants et l’environnement au Luxembourg », déclare Maurice Losch, chargé de campagne OGM et Agriculture chez Greenpeace Luxembourg. « Notre nouveau rapport démontre qu’il y a urgence d’agir pour protéger les agriculteurs, les consommateurs et l’environnement du cocktail OGM-pesticides ce que le label « sans OGM » actuellement développé par les Ministres de l’Agriculture, Romain Schneider et de la Santé, Mars Di Bartolomeo, une fois mis en œuvre, contribuera à faire en évitant l’importation de matières fourragères OGM ».

Dans les sept chapitres [5] le rapport montre que les impacts environnementaux du glyphosate sont alarmants. Cette substance chimique affecte les mécanismes de la division cellulaire (cf cancers). Elle affecte négativement la faune et la flore des sols, des rivières et risque de contaminer les nappes phréatiques et l’eau potable. L’importation de matières fourragères OGM résistantes aux pesticides, comme l’est le soja OGM, pose de multiples problèmes. Des études récentes ont montré la présence d’un produit dérivant du glyphosate l’« AMPA » dans le sang de femmes enceinte. Le rapport reprend des études qui montrent que le glyphosate à des effets inquiétants sur le développement des fœtus. Aux risques pour la santé s’ajoute la perte de biodiversité dans les régions où il est cultivé. L’émergence de « mauvaises herbes » qui par transmission génétique sont également devenues résistantes au glyphosate et qui font qu’avec les cultures d’OGM les quantités de pesticides utilisés augmentes, est en train de devenir un désastre pour l’environnement et l’agriculture.
« La résistance au glyphosate a déjà été confirmée dans le cas de 20 ‘mauvaises herbes’, principalement sur le continent américain. Avec l’émergence de ‘mauvaises herbes’ résistantes aux pesticides le système OGM-pesticides devient non seulement un cauchemar écologique, mais devient aussi un cauchemar économique pour les agriculteurs », explique Maurice Losch.


Documents connexes

Herbicide tolerance and GM crops

Infos contact
• Maurice Losch, Tel. : 621 215 024 ; Email : maurice.losch@greenpeace.org

Source : Greenpeace, le 8 juillet 2011





[1Le rapport « Herbicide tolerance and GM crops – why the world should be ready to roundup glyphosate » a été élaboré par Greenpeace International en collaboration avec “GM Freeze”

[2Le soja OGM, dit « roundup-ready » est modifié génétiquement pour être résistant et être traité au « roundup ».

[3Au Luxembourg déjà une vingtaine de communes se sont déclarées « commune sans pesticides ». Dans le cadre de la campagne et de la récente semaine « sans pesticides » en mars 2011, l’Initiative « Luxembourg sans OGM » avait proposé aux communes du Luxembourg de s’engager dans ce sens. Déjà 75% des communes du Luxembourg se sont déclarée „communes sans OGM“.

[4En matière d’OGM la politique du gouvernement applique le principe de précaution, à la base des interdictions du maïs OGM MON810 et de la pomme de terre OGM « Amflora » au Luxembourg.

[5Les sept chapitres du rapport traitent :
- De la nature du glyphosate et le lien entre « roundup » et OGM ;
- Des effets du glyphosate sur la santé humaine ;
- Des résidus de glyphsate trouvés dans la chaîne alimentaire ;
- Des effets du glyphosate sur les milieux aquatiques et les résidus dans l’eau potable ;
- Des effets du glyphosate sur la biodiversité ;
- Des effets du glyphosate sur les sols, les cultures et les écosystèmes ;
- Des « mauvaises herbes » résistantes au glyphosate – la faillite du système « OGM -roundup-ready »