La campagne de France Nature Environnement censurée !

L’association France Nature Environnement (FNE) a vu sa campagne contre l’agriculture intensive qui devait être mise en place dans les stations de métro d’Odéon, de Montparnasse et de Saint-Lazare à Paris, censurée.

France Nature Environnement, fédération d’associations environnementales, s’était vue attaquée leurs campagnes d’affichages par Inaporc et Interverb, des syndicats d’agriculture porcine et bovine. La fédération avait gagné devant le tribunal et avait ainsi obtenu le droit d’afficher les six visuels qui visaient à dénoncer l’agriculture intensive. Or, trois d’entre eux sont toujours absent des stations de métro parisiennes où ils devaient apparaître. Métrobus, la régie pub de la RATP, a estimé que "ces visuels très dénigrants sont contraires au principe de neutralité du service public".

FNE souhaite simplement que la "demande que l’affichage prévu soit respectée et s’indigne de devoir ainsi pousser un cri d’alarme face à cette censure". Le tribunal avait en effet donné raison à la fédération, estimant que la campagne ne contenait aucune attaque personnelle ; de plus l’ARPP (Autorité de régulation professionnelle de la publicité) elle-même avait donné son feu vert.

Les visuels n’apparaissant pas comme prévu sont ceux où l’on peut voir un épi de maïs OGM pointé sur la tempe d’un homme, un enfant jouant au milieu d’algues vertes ou encore une parodie de l’affiche du film Kill Bill de Quentin Tarantino où trône un bidon de pesticides estampillé "Kill bees". "Nous avons choisi cette mise en scène car nous avons besoin que l’opinion publique soit derrière nous. Mais le message de fond n’est pas original : depuis quarante ans nous disons qu’il faut changer de modèle agricole", explique le porte parole de FNE Benoît Hartman, cité par 20minutes.fr. "Le grand public sait qu’il existe un autre type d’agriculture mais qu’il est minoritaire. L’avenir est à une agriculture moderne et raisonnable avec moins d’intrants et cette campagne est destinée à faire évoluer les pratiques et les lois", ajoute-t-il.

De leur côté, les éleveurs se sentent sans cesse attaqués et critiqués "quoi qu’ils fassent. Nous sommes ouverts à la discussion mais cette campagne n’est pas faite pour provoquer le débat, ce sont des accusations gratuites pour faire parler d’eux", s’indigne Inaporc. La FNSEA (Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles), elle, dénonce "une campagne parisienne de dénigrement".

Pourtant FNE affirme s’attaquer uniquement aux modes de productions "intensifs, extrêmes et déraisonnables".

Source : France Nature Environnement, le 16 février 2011