OGM/Procès de Colmar : pour la Confédération Paysanne, la sanction n’est pas une solution

L’agriculture n’a pas besoin des OGM ; elle a besoin de recherche sur de réelles alternatives agronomiques adaptées aux besoins des paysans
La Cour d’Appel de Colmar vient de rendre un jugement pour le moins sévère à l’encontre du faucheur volontaire des essais de vignes OGM entrepris par l’INRA.

En effet, Pierre Azelvandre, un militant anti-OGM, faucheur volontaire qui avait arraché des pieds de vigne transgénique à l’INRA de Colmar, a vu sa peine s’alourdir par la cour d’appel de Colmar, ce lundi 17 janvier.

1 mois de prison avec sursis, 50 000 euros de dommages et intérêts, 2000 euros d’amende confirmée, c’est ce dont a écopé l’individu isolé qui avait saccagé un essai OGM de l’Inra en septembre 2009.

Dans son communiqué de presse du 12 janvier 2011, le Canard Enchainé publiait des extraits des documents Wikileaks relatant les dires de l’ambassadeur des USA à Paris en 2007 expliquant : « les partisans des biotechnologies en France, comprenant le syndicat agricole, nous ont dit que les rétorsions étaient le seul moyen de faire évoluer la position française sur la question ».

Face à cette annonce, le Canard Enchainé s’interroge : « Quel est donc ce syndicat agricole qui conseille à une puissance étrangère des mesures de rétorsion contre son propre pays ? ».

La rétorsion est le moyen de contrainte consistant dans le fait pour un État de répondre par un usage rigoureux de son droit à des actes eux-mêmes licites mais inamicaux, commis à son égard par un autre État.

Une définition qui n’inclut pas que la rétorsion peut être commise par un Etat contre lui-même.

Aussi, toujours selon l’article du Canard Enchainé, à la veille de l’examen par la Commission de Bruxelles pour de nouveaux OGM interdits actuellement, la justice apporte aujourd’hui son concours à la stratégie illustrée par l’ex ambassadeur des USA qui proposait de mener une guerre commerciale contre les pays récalcitrants aux OGM, compte tenu de l’importance des activités commerciales de plantation de semences en Europe.

On comprend par là que la collusion entre les firmes semencières et le syndicat agricole est de plus en plus patente, comme l’explique Wikileaks. Mais toutes ses manœuvres seront bénéfiques à quelle partie, Celui des paysans ou celui des firmes multinationales ?

Selon l’opposition, ce sont ces stratégies occultes qui acculent les opposants aux OGM à des actes de résistance que la justice condamne de façon scandaleuse et démesurée. De son côté, la Confédération paysanne s’oppose à toute forme de répression contre les militants anti-OGM. 

Elle explique : « L’agriculture n’a pas besoin des OGM ; elle a besoin de recherche sur de réelles alternatives agronomiques adaptées aux besoins des paysans. L’affranchissement des paysans vis-à-vis des firmes multinationales est aujourd’hui une nécessité pour le développement d’une agriculture dont la société a besoin ».

L’essai, qui avait obtenu l’avis favorable de la Commission du génie biomoléculaire en mai 2004, avait pour objectif d’acquérir des connaissances sur le phénomène de résistance de la vigne au virus du court-noué, maladie mortelle pour la vigne et sans traitement.

L’essai de l’Inra n’a pas de vocation commerciale. Les résultats feront progresser la recherche dans le domaine de la protection de la vigne contre les maladies à virus et seront mis à la disposition des producteurs.

Pourtant, pour sa défense, le prévenu, condamné à 2000 € d’amende en novembre 2009, avait déclaré avoir saccagé les recherches de l’Institut au motif qu’aucun débat public n’était possible sur ces vignes OGM, contestant l’intérêt, les modalités et la portée scientifique de cette expérimentation.

En attendant, la Confédération Paysanne continuera de s’opposer à toute réintroduction de cultures et aux essais OGM en milieu ouvert en France.

Source : Jean-Charles BATENBAUM, actualité news environnement, le 19 janvier 2011