Le Burkina vise la production de 600.000 tonnes de coton en développant le transgénique

Le Burkina Faso, premier producteur de coton en Afrique subsaharienne, a lancé lundi la campagne 2010-2011 avec un objectif de production de 600.000 tonnes grâce à l’ensemencement de 80% des surfaces en coton transgénique. "Nous sommes venus dire aux paysans que l’objectif affiché pour cette campagne agricole, c’est d’ensemencer 80% de nos surfaces en coton génétiquement modifié (CGM) et 20% en conventionnel, pour produire 600.000 tonnes de coton graine", a déclaré Oumar Gadiaga, directeur des intrants et du crédit à la Société des fibres et textiles du Burkina Faso (Sofitex).

Oumar Gadiaga s’exprimait devant plusieurs centaines de producteurs réunis au marché de Zambo, à quelque 300 km au sud-ouest de Ouagadougou.

En 2009, le Burkina a produit quelque 530.000 tonnes de coton.
La Sofitex, la principale société cotonnière du pays, compte pour cette campagne produire 515.000 tonnes (contre 370.000 tonnes en 2009, dont 123.000 en coton transgénique). Le reste serait produit par Faso coton et la Société cotonnière du Gourma (Socoma), basée dans l’est.

Pour atteindre ces résultats, les sociétés cotonnières ont pris une série de mesures, notamment l’augmentation du prix d’achat du coton qui passe de 160 francs CFA en 2009-2010 à 182 francs CFA (moins de 0,3 euro) en 2010-2011, et le maintien des prix des intrants (engrais et pesticides) à leur niveau de l’année dernière.

Par ailleurs, les trois sociétés cotonnières mènent une opération de charme en direction des producteurs en organisant des forums à travers les zones cotonnières du pays pour les convertir au coton génétiquement modifié, mis en place en 2002 avec la firme américaine Monsanto.

Le CGM est jugé par ses défenseurs "plus résistant" aux attaques d’insectes et moins pénible à cultiver car il nécessite seulement deux traitements en pesticides contre six pour le coton conventionnel.
Selon les sociétés promotrices du coton transgénique, le CGM rapporte également beaucoup plus aux paysans, qui ont connu ces dernières années des prix d’achat particulièrement bas.

"Nous sommes prêts à nous lancer dans la production du coton transgénique, mais 27.000 francs CFA (41 euros) le sac de semences CGM, c’est vraiment trop cher", souligne Tiéba Ouattara, producteur du village de Zegnedougou, à la frontière ouest du Burkina avec le Mali et la Côte d’Ivoire.

L’or blanc représentait en 2009 60% des recettes d’exportation du Burkina, pays pauvre d’Afrique de l’Ouest, où il fait vivre plus de 3 millions de personnes.

Source : Agrivis.com, le 18 mai 2010