Les multinationales contribuent à la faim Les paysan(ne)s apportent des solutions

(Rome, le 15 Novembre 2009) La Via Campesina est consternée par l’arrogance du secteur privé et spécialement par celle de Nestlé, lorsqu’ils prétendent apporter des solutions à la crise alimentaire. En réalite, ce sont les sociétés multinationales qui ont contribué de facon active à créer cette crise.

Les propos tenus par le President de Nestlé lors de la conférence de la FAO et du secteur privé le 12 NOV à Milan sont particulièrement choquants, compte tenu des campagnes éffectuées par Nestlé pour décourager l’allaitement maternel et commercialiser leurs produits de substitution dans les pays en voie de développement.

Pendant la crise alimentaire, de nombreuses sociétés multinationales ont augmenté leurs profits. Elles ont également joué un rôle fondamental dans l’accroissement de la faim dans le monde, à travers leur contrôle de la production des denrées alimentaires et des ressources naturelles, telles que l’eau et la terre, excluant ainsi les paysans du système de production alimentaire.

Les multinationales ont forcé les changements dans les modes de production agricole, préconisant la production intensive à grande échelle, la production d’agrocarburants, les OGMs et la libéralisation commerciale, dans le seul but d’augmenter leurs profits. Compte tenu des statistiques qui montrent un nombre grandissant de personnes affamées sur la planète, on constate que les strategies de ces enterprises multinationales ne réduisent pas la faim, elles l’augmentent.

D’ après Javier Sanchez, du syndicat paysan espagnol COAG (membre de la Via Campesina), “Il y a un consensus mondial chez les paysans pour dire que les OGMs permettent aux multinationales de contrôler le marché des semences, et nient aux agriculteurs la possibilité de conserver et reproduire leur propres semences. Les paysans et paysannes n’ont par la suite plus le droit de produire des aliments sans OGMs. C’est un exemple parlant de privatisation des resources qui va à l’encontre des interêts communs. La plupart des consomateurs européens ont eu l’intelligence de rejeter ces technologies.

Henry Saragih, coordinateur général de La Via Campesina, fait savoir que dans son pays, en Indonesie, Nestlé contribue à l’appauvrissement des paysans et des paysannes et à la sous-alimentation, particulièrment chez les nourrissons, à travers le contrôle de la production et des prix du secteur laitier.

Au Forum des Peuples pour la Souverainete alimentaire, parallèle au Sommet Mondial de l’Alimentation qui a lieu à Rome, les organisations de la société civile proposent des solutions réelles qui passent par la souveraineté alimentaire.

Source : La Vía Campesina, 16 novembre 2009