L’étiquette « sans OGM » fleurit dans les rayons

Les poulets de Loué, les porcs fermiers de la Sarthe, les boeufs du Maine Label rouge ne mangent pas de soja transgénique. Un macaron le dit désormais au consommateur.

Une nouvelle étiquette fleurit dans les rayons. Le consommateur peut y lire la mention « nourri sans OGM minimum garanti 99,1 % ». Toute filière d’élevage capable de garantir que ses animaux ne mangent pas d’aliment transgénique est - enfin - autorisée à étiqueter cette information sur la viande ou les oeufs vendus en magasin.

Réuni sous l’égide de la Direction de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes, le Conseil national de la consommation a donné son feu vert, le 19 mai, en attendant la promulgation d’un décret interministériel.

« On sort enfin du « ni-ni » : ni étiquetage pour les productions animales nourries avec OGM, ni étiquetage pour les productions animales nourries sans OGM. C’est une petite révolution. La France rejoint l’Allemagne, l’Autriche et l’Italie », se félicite Yves de la Fouchardière, directeur des Fermiers de Loué.

Un million de macarons « sans OGM » par semaine

La coopérative sarthoise, n° 1 français de la volaille Label rouge, s’est battue bec et ongles pour obtenir cette avancée dans la transparence et dans l’information du consommateur. Elle va coller chaque semaine un million de macarons « sans OGM » sur ses poulets, oeufs et autres escalopes !

Dès la mise en culture des premiers arpents d’OGM sur la planète dans les années 90, elle a clairement fixé le cap : pas plus qu’ils n’ont trempé le bec dans les farines animales, nos poulets ne picoreront pas d’OGM.

Avec d’autres coopératives régionales (Terrena, la Cavac), elle a construit une filière tracée et sécurisée d’approvisionnement en soja non transgénique en provenance du Brésil. « Ces efforts, non répercutés sur le prix de vente, nous ont coûté sept millions d’euros, chiffre Alain Allinant, président des Fermiers de Loué. Nous ressentions comme une injustice de ne pas pouvoir le faire savoir. Désormais, la parole est aux consommateurs : ils vont pouvoir dire ¯ concrètement ¯ s’ils veulent ou pas des OGM. »

La locomotive des poulets de Loué a entraîné dans son sillage d’autres filières de qualité, toutes réunies par la même exigence d’une alimentation sans OGM pour leurs animaux et par la volonté de le faire savoir sur des étiquettes : Labels rouges porcs fermiers de la Sarthe et boeuf fermier du Maine, viande AOC Maine-Anjou, beurre d’Échiré, fromages Sèvre et Belle, tome de Laguiole... En s’agglomérant, toutes ces filières et leurs 3 500 agriculteurs vont conforter et pérenniser la culture du soja non-OGM.

« Notre cahier des charges interdit le soja dans l’alimentation de nos animaux. Nos fournisseurs nous garantissent un aliment exempt d’OGM. C’est pour nos 700 éleveurs un aboutissement de pouvoir le communiquer aux bouchers artisans et à leurs clients », déclare Emmanuelle Dupont, de l’association boeuf fermier du Maine. « Il faut un contrepoids au lobby des OGM. Notre initiative préserve la liberté de choix du consommateur », conclut Alain Cabannes, directeur du porc fermier de la Sarthe.

Source : Ouest France, par Xavier BONNARDEL, le 24 juin 2009.