OGM : Monsanto attaque DuPont

Le spécialiste américain des semences génétiquement modifiées Monsanto a annoncé aujourd’hui avoir attaqué en justice son concurrent Pioneer Hi-Bred International (groupe DuPont), en lui reprochant de ne pas respecter ses brevets sur les gènes de résistance au Roundup, l’herbicide de Monsanto pour les cultures OGM.

Une plainte a été déposée lundi 4 mai 2009 devant un tribunal de Saint Louis (Missouri, centre des Etats-Unis), le fief historique de Monsanto.

Monsanto a rappelé dans un communiqué que Pioneer, "comme des centaines d’autres industriels", avait "le droit de vendre des variétés de soja et de maïs transgéniques résistantes au Round Up" au nom d’un accord de licence, garantissant à Monsanto d’empocher ses royalties sur sa technologie.

Pioneer a tenté de développer sa propre gamme de semences, appelée "Optimum GAT", qui additionnait le gène de résistance au glyphosate (Roundup) avec une résistance à des herbicides du groupe Dupont (famille des sulfonylurea et imidazolinone) afin d’"offrir aux cultivateurs de multiples options d’herbicides contre les mauvaises herbes devenues résistantes au glyphosate et difficiles à controler" (communiqué de Dupont, 2006)

Monsanto n’a pas apprécié que son concurrent mette sur la touche son désherbant vedette, et accuse Pioneer de ratés sur sa technologie.
"Dans une tentative destinée à masquer ces défauts, Pioneer utilise à mauvais escient le caractère résistant au Round Up pour masquer les problèmes de sa variété Optimum GAT. Cela enfreint les droits contractuels et les brevets de Monsanto", a expliqué le numéro un mondial des semences transgéniques.

"La plainte est destinée à faire en sorte que DuPont respecte ses engagements et des technologies brevetées", selon Monsanto.

Le groupe Dupont (Du Pont de Nemours & Co) a repondu avec virulence qu’elle allait se "battre" contre Monsanto et ses pratiques anticompétitives. "Monsanto a une longue histoire d’utilisation des tribunaux et autres tactiques agressives pour préserver son monopole et tenter de d’intimider les consommateurs, ses partenaires semenciers et tous ses concurrents" a déclarée James Borel, le vice président du Groupe Dupont.

La bataille juridique entre les avocats de ces deux géants de l’agrobusiness pourrait être rude et coûteuse pour les deux parties, c’est le casi monopole de Monsanto qui est cette fois remis en cause.

Benjamin Sourice, Combat Monsanto, le 6 mai 2009