L’américain Monsanto échappe à la crise

Le géant mondial, spécialiste de la biotechnologie végétale, affiche au plus fort de la crise économique une santé insolente. Le groupe américain a en effet fait état de ventes en hausse de 36 %, à 11,37 milliards de dollars, au titre de son exercice fiscal clos le 31 août 2008. Et l’augmentation du bénéfice net est encore plus impressionnante puisque sur la même période Monsanto enregistre un profit record de 2 milliards (+ 116 %). La raison ? Une année 2008 particulièrement bonne du point de vue de la demande des agriculteurs, mais aussi un contexte porteur en ce qui concerne les besoins mondiaux en matières premières. C’est là que réside la force de l’américain. Jouant sur la nécessité d’augmenter les rendements agricoles, il est présent à la fois dans les semences commerciales et les produits de protection des plantes (50 % des ventes chacun).

Alors que la participation de son herbicide historique, le Roundup, dans la croissance de son chiffre d’affaires tend à décliner, ce sont les semences OGM et les produits herbicides associés qui prennent le relais. L’américain a su tirer profit de l’avance technologique dont il disposait dans le domaine, en licenciant aux semenciers du monde entier les traits OGM issus de sa recherche interne et en percevant en retour des royalties significatives.

La supériorité du groupe dans son secteur d’activité se confirme au fil des exercices. Seule déception récente : la publication d’un bénéfice net trimestriel en recul de 3 %, affecté par une charge exceptionnelle. Pas de quoi faire perdre confiance à Monsanto, qui fait par ailleurs état d’un chiffre d’affaires trimestriel record de 4 milliards de dollars (+ 8 %). La direction a maintenu son objectif de bénéfice net par action hors exceptionnels compris entre 4,40 et 4,50 dollars par action. La valorisation actuelle (PER estimé de 19 fois pour 2009) peut sembler élevée, mais, pour un titre qui s’est historiquement payé très cher (40 fois les bénéfices en 2008), le cours actuel nous semble constituer un bon point d’entrée.

Source : Le journal des Finances, le 10 avril 2009