Les consommateurs forcent Monsanto à abandonner l’hormone laitiere.

Depuis Ottawa, Canada

Les pressions provenant de partout dans le monde ont forcé Monsanto d’annoncer qu’elle se retirait de la fabrication de l’hormone somatotrophine bovine recombinante Posilac(rBST), une substance génétiquement modifiée destinée à rendre les vaches laitières plus
productives.

La décision de Monsanto d’abandonner l’hormone rBST aux Etats-Unis
survient après que les consommateurs de nombreux pays et les marchés
internationaux eurent exprimé leur opposition au lait produit avec une hormone
de croissance génétiquement modifiée. Des entreprises comme Safeway, Starbucks
et Kraft ont récemment annoncé qu’elles retiraient le lait produit avec
l’hormone rBST aux Etats-Unis. Le lait et les fromages faits avec l’hormone
rBST ont été interdits au Canada et en Europe depuis une dizaine d’années.
Cette décision par Monsanto réduira les importations d’aliments transformés
contenant des produits laitiers rBST, comme la crème glacée et les aliments
pour bébé que les consommateurs d’ici achètent.

"C’est une grande victoire pour les consommateurs des Etats-Unis, du
Canada et au Québec", constate Eric Darier, le directeur de Greenpeace au
Québec. "Le rejet soutenu et massif du lait à la rBST souligne encore
davantage la nécessité d’instaurer l’étiquetage pour tous les aliments OGM."
C’est une deuxième défaite de Monsanto sur l’hormone rBST cette année.
L’entreprise n’a pas réussi à contrecarrer le rejet des consommateurs et a
perdu la bataille dans plusieurs Etats américains qui ont approuvé
l’étiquetage du lait sans hormone STbr.

La rBST a été bannie au Canada en 1998 après que des scientifiques eurent
publiquement fait part des inquiétudes que soulevait l’hormone concernant la
santé publique et la sécurité alimentaire. Parmi les préoccupations sanitaires
soulevées, mentionnons : l’apparition de phénomènes de toxicité chez les
vaches comme la mastite, une contamination accrue du lait par le pus et les
antibiotiques, et des concentrations plus élevées d’un agent cancérigène,
l’IGF-1. Les autorités américaines ont autorisé la rBST en 1993.

"Si ce genre d’aliments était sécuritaire, Monsanto poserait des
étiquettes "fait avec des OGM" sur chacun de ses produits. Au lieu de cela,
l’entreprise fait tout ce qu’elle peut pour empêcher le consommateur de savoir
ce qu’il mange. Mais la stratégie de Monsanto va finir par se retourner contre
elle lorsque les consommateurs commenceront à mettre en doute l’innocuité des
aliments OGM pour la santé et l’environnement" soutient Eric Darier.

Source : OTTAWA, le 8 août /CNW Telbec/