La menace du projet terminator de Monsanto : vers la stérilisation de la nature

Technologie Terminator

Terminator : Qu’est-ce que c’est ?
La technologie Terminator modifie génétiquement les plantes pour produire des graines stériles à la récolte. Mise au point par l’industrie agrosemencière et le gouvernement des É.-U., elle empêche les agriculteurs de réutiliser les semences pour les forcer à en acheter de nouvelles à chaque saison de culture. Même si les semences Terminator n’ont pas encore été testées en champ ni commercialisées, on procède à des essais en serre aux É.-U. En août 2006, Monsanto annonce l’achat de Delta & Pine Land qui contrôle ces recherches avancées sur Terminator.
Terminator réfère aux technologies de restriction génétique (GURT) – qui contrôlent l’expression des traits génétiques d’une plante par des inducteurs chimiques externes.

Pourquoi est-ce que un problème ?
Les dix plus grandes semencières au monde contrôlent la moitié du marché mondial des semences. Si on commercialise Terminator, les grandes sociétés vont sans doute incorporer des gènes de stérilité dans toutes leurs semences. Supérieure aux brevets, la stérilisation des semences assure un monopole absolu – plutôt que de poursuivre les agriculteurs qui conservent les semences, on use de moyens biologiques qui rendent impossible la réutilisation des semences récoltées.

Des fermes canadiennes de toutes tailles conservent les semences – c’est une pratique qui se répand au fur et à mesure que s’aggrave la crise du revenu agricole. Plus de 1,4 milliard d’habitants de la planète – la plupart sur de petites fermes familiales dans des pays en développement – ont besoin pour survivre des graines prélevées à la récolte comme source première de semences. Les semences Terminator les rendront dépendants de sources extérieures, tout en perturbant la pratique séculaire de choisir les graines prélevées à la récolte en vue des échanges et de la sélection. Les souches canadiennes sont le fruit de plusieurs siècles d’évolution des semences autochtones et des semences conservées à la récolte par les agriculteurs.

Quel sera l’impact sur les agriculteurs ?
Terminator est une violation flagrante du droit des agriculteurs de conserver leurs semences et de les réutiliser. Par diffusion du pollen de première génération, les gènes Terminator peuvent contaminer les cultures – les agriculteurs risquent alors de conserver et réutiliser à leur insu des semences contaminées qui ne germeront pas. La même chose peut se produire si des céréales importées contiennent des gènes Terminator.

Les agriculteurs tributaires de l’aide alimentaire s’exposent à des pertes énormes s’ils ressèment une partie des céréales données qui contiendraient à leur insu des gènes Terminator.

Terminator consacre la mainmise de l’industrie sur les semences et cela fera augmenter les prix alors que nous vivons la pire crise du revenu agricole de l’histoire moderne. Si les agriculteurs du Canada sont forcés d’acheter des semences Terminator chaque année, ils seront étranglés par les coûts. Ainsi, on estime que 90 % du blé canadien provient de semences conservées à la ferme – le coût d’achat annuel de ces semences serait de 95 milliards $.

Qui détient des brevets Terminator ?
Monsanto a acquis Delta & Pine Land (DPL), numéro un des semences de coton au monde, qui détient trois brevets étatsuniens sur la technologie Terminator, conjointement avec le ministère de l’Agriculture des É.-U. En octobre 2005, DPL a acquis de nouveaux brevets Terminator en Europe et au Canada. Par ailleurs, la multinationale des semences et de l’agrochimie Syngenta vient de demander un brevet canadien sur ses pommes de terre Terminator – les autochtones qui cultivent la pomme de terre dans les Andes, au Pérou, ont demandé à Syngenta de renoncer à ce brevet.

Terminator peut-elle stopper la contamination génétique ? L’industrie multinationale des semences mène une campagne de relations publiques pour vendre Terminator comme la technologie capable de stopper la contamination génétique par les plantes transgéniques, notamment dans le cas des arbres et plantes transgéniques utilisés pour produire des médicaments et des produits chimiques industriels.
Les gènes échappés des plantes transgéniques contaminent les cultures et menacent la biodiversité agricole et le gagne-pain des agriculteurs. Ainsi, les producteurs de canola biologique de la Saskatchewan poursuivent Monsato et Bayer pour contamination transgénique (www.saskorganic.com/oapf).

L’industrie allègue que la stérilité génétiquement induite constitue une mesure de sécurité intégrée pour les plantes transgéniques : si une culture Terminator interpollinise des plantes de la même espèce, les graines issues de cette pollinisation non désirée seront stériles – elles ne germeront pas. Mais la technologie Terminator est un système complexe impliquant une série de gènes qui interagissent selon une séquence donnée. Les scientifiques nous préviennent : Terminator n’est pas efficace à 100 %. À cause des failles possibles du système, ce ne sera jamais un outil de bioconfinement. Si on utilise Terminator pour le bioconfinement et qu’il y a des ratés, il en résultera de nouveaux – et graves – dangers pour la biosécurité.

LA CAMPAGNE

Objectif :
La campagne « Interdire Terminator » a pour objectif d’encourager les Etats à interdire la technologie Terminator aux niveaux national et international, et soutient les efforts de la société civile, des agriculteurs, des peuples autochtones et des organisations sociales qui mènent campagne contre cette technologie.

Origines de la campagne :
La campagne « Interdire Terminator » a commencé en réponse aux récentes tentatives d’Etats et d’entreprises de faire pression pour des essais en champs et la commercialisation de Terminator. Malgré une opposition très forte, le gouvernement canadien a essayé, en février 2005, de contourner le moratoire international de fait de la CDB sur la technologie Terminator. La campagne « Interdire Terminator » s’est constituée suite aux débats initiés par les organisations de la société civile installées au Canada ( le groupe ETC, Inter pares, l’Union nationale des agriculteurs et USC Canada).

Historique :
En 1998, le groupe ETC (alors RAFI) a découvert l’existence des brevets Terminator. En 1999, en réponse aux multiples réactions d’opposition du public, deux des plus grosses firmes de semences et de produits agrochimiques, Monsanto et AstraZeneca (aujourd’hui Syngenta) se sont fermement engagées à ne jamais commercialiser de semences Terminator.
En 2000, la Convention des Nations Unies sur la diversité biologique a adopté un moratoire de fait sur les semences Terminator. Beaucoup de gens ont alors pensé que le danger était passé et l’attention de l’opinion publique sur cette question a diminué. Malheureusement, la technologie Terminator continue d’être développée et sa promotion se fait activement.

Composition :

Comité de direction de la Campagne « Interdire Terminator » :

- ETC Group - Action Group on Erosion, Technology and Concentration

- GRAIN

- Indigenous Peoples Council on Biocolonialism
- ITDG - Intermediate Technology Development Group
- Pesticide Action Network – Asia and the Pacific
- Third World Network www.twnside.org.sg
- Via Campesina

Contacts :

www.banterminator.org
Email : contact[@]banterminator.org