Roundup, l’intox continue.

En janvier 2007, Monsanto était condamné une première fois à Lyon pour publicité mensongère. Une nouvelle procédure vient d’être engagée pour le même motif devant le tribunal correctionnel de Nanterre. En cause cette fois : des spots diffusés en 2002 à la télévision.

Quand les beaux jours sont de retour, les envies de jardinage ont tendance à ressurgir. Monsanto en a profité, fin avril, pour faire la promotion de son herbicide, le Roundup, sous la forme de plusieurs fiches dans la presse régionale et nationale. Son ambition : « démêler le vrai du faux » concernant le désherbage. Rien de moins. Sauf que le géant de l’agrochimie se garde bien de dire toute la vérité sur son pesticide vedette. Et passe notamment sous silence les procédures en cours contre lui pour publicité mensongère. L’ancien président de Monsanto France, Jean-Pierre Princen, vient en effet de se voir signifier son renvoi devant le tribunal correctionnel de Nanterre. Il est poursuivi pour avoir diffusé à la télévision, en 2002, des spots ne faisant pas la distinction entre le produit destiné aux particuliers et celui réservé à l’agriculture, plus dangereux pour l’environnement et les milieux aquatiques.

Monsanto a un autre rendez-vous avec la justice le 4 juin prochain, à Lyon. Son appel d’une première condamnation, en janvier 2007, y sera examiné. Le tribunal avait infligé à l’industriel 15 000 euros d’amende, là encore pour publicité mensongère. Cette fois, une campagne dans les magazines et datant de 2000 était en cause : elle présentait le produit comme « biodégradable » et « laissant le sol propre ». Un comble, quand on sait que le glyphosate, la matière active du Roundup, est un véritable poison pour l’environnement et la santé. Il pourrait même, selon certaines études scientifiques, être cancérigène.

En réalité, le feuilleton judiciaire n’est pas près de s’arrêter. Car l’association Eau et rivières de Bretagne, impliquée dans chaque action en justice, n’a pas l’intention de laisser passer la dernière offensive publicitaire en date à la gloire du Roundup. Elle pourrait porter plainte dans les jours qui viennent.

Source : quechoisir.org