Des députés de l’Assemblée Nationale dénoncent les pressions de la FNSEA et de Monsanto pour imposer les OGM.

Le 3 avril 2008

En plein débat parlementaire sur les OGM, des lignes de fractions parcours la majorité UMP qui se déchire sur ce sujet hautement sensible et autour duquel les lignes politiques s’effacent dans le but de défendre une idée du monde agricole français et l’intérêt général. Ainsi, le député Grosdidier, l’ami des rappeurs s’époumone tel Joey Starr dans l’hémicycle : "Il y a des pressions exercées à la base par les organisations syndicales comme la FNSEA pour que les députés ne s’opposent pas à la loi, assure le député UMP de la Moselle. Quand on vous fait comprendre que votre permanence risque d’être visée, vous réfléchissez à deux fois." Du coup, le maire de Woippy affirme que "beaucoup de collègues qui soutenaient les amendements déposés n’osent plus se prononcer. Je tiens à dénoncer ces pressions et je trouve choquant qu’elles puissent infléchir le débat démocratique."

Puis il poursuit, "la plupart de mes collègues restent attachés aux principes du Grenelle de l’Environnement", poursuit François Grosdidier, même si dans la réalité sa position est très minoritaire au sein de l’UMP. Or le 8 février dernier, les Sénateurs UMP ont grandement modifié le texte sur les OGM, notamment à cause des pressions de M. Bizet (UMP) réputé proche du lobby pro-OGM, et beaucoup estiment que la philosophie initiale n’y est plus. Par exemple, "le principe de précaution est battu en brèche" déplore encore le député de Moselle.

Une pression sur les députés donc, mais aussi un lobbying important à des niveaux plus élevés. "Il y a un travail en amont du lobby semencier sur la Commission économique et sociale de l’Assemblée. Du coup, nos amendements dissonants ne sont jamais débattus, puisque c’est la Commission qui décide de tout," assure encore François Grosdidier.
Un autre élu UMP, le sénateur Jean-François Le Grand très actif durant le Grenelle de l’Environnement, a accusé certains de ses collègues d’avoir été "actionnés" par les grands groupes semenciers qui « ont fait main basse sur l’UMP afin de défendre des intérêts mercantiles" Il ajoute ensuite « La force de frappe de Monsanto et des autres semenciers est phénoménale, assure le sénateur de la Manche dans Le Monde du 2 avril. "J’ai été approché par Monsanto, et j’ai refusé de leur parler. Je veux rester libre." [1] Ces propos qui ont causé un grand remous au sein du parti, visait notamment et ouvertement Bernard Accoyer le président de l’Assemblée nationale, qui est accusé de « réactions violentes » face aux doutes émis par M.Legrand sur l’innocuité des OGM.

Monsanto continue d’appliquer à la France les méthodes et techniques de persuasions qu’elle a déjà pu expérimenter dans beaucoup de pays, et souvent avec succès. La question est de savoir si les députés français joueront leur rôle de défenseurs de l’intérêt général ou bien s’ils pencheront du coté des intérêts mercantiles de Monsanto ? La réponse est dans leur vote…





[1Le Monde du 2 janvier 2008