Réponse de la liste "Lutte ouvrière - Contre le grand capital, le camp des travailleurs" (LO)

"Je ne serai sans doute pas élue, mais si je le suis, bien que je n’ai aucune illusion dans la capacité du parlement européen à réellement s’opposer aux intérêts capitalistes qui dominent toute la société, j’irai dans le sens de toutes les mesures (que je commente ci-dessous) – qui visent à inciter les États et les institutions à limiter la toute puissance des capitalistes, les empêcher d’empoisonner la planète.

1/ Nous vous demandons de soutenir une réforme radicale de la PAC pour mettre en place une agriculture respectueuse de la biodiversité et de la santé des personnes

La Politique Agricole Commune a jusqu’à une période très récente servi avant tout de pompe à finance pour l’agro-business et n’a en rien protégé les petits paysans, victimes d’un système de plus en plus dément où la grande majorité des producteurs arrivent à peine à vivre de leur travail, où les surplus sont régulièrement détruits pour tenter de faire remonter les cours et où les géants de la grande distribution imposent leur diktat. Je ne milite pas pour une autre PAC, mais pour arracher le pouvoir aux banques, qui tiennent les éleveurs, les cultivateurs ou maraîchers sous leur coupe, aux industriels de la viande, des céréales ou du lait.

D’une façon globale, notamment du point de vue environnemental qui ignore les frontières, le monnaies nationales et les langues, je ne fais aucune confiance aux dirigeants des différents États de l’Union européenne comme à ceux des institutions européennes pour « réduire efficacement », et surtout dans un sens favorable aux populations, leurs nuisances sur l’environnement. Comment cette Europe, qui a été conçue dès l’origine comme un cadre permettant aux grands groupes d’étendre leur influence, leurs parts de marchés et leurs profits pourrait-elle être le levier d’une telle politique ?

2/ Nous vous demandons de voter le non-renouvellement de l’autorisation du glyphosate dans l’Union européenne en 2022 et, dès 2020, de soutenir un plan d’accompagnement pour une sortie progressive des pesticides de synthèse

et

3/ Nous demandons que les procédures d’évaluation des risques pour les autorisations de mise sur le marché des produits de synthèse liés à l’agriculture soient menées selon des critères définis par des agences européennes indépendantes et protégées de tout conflit d’intérêt avec les industriels du secteur agrochimique

Je suis pour l’interdiction du glyphosate ici, en Europe et dans le monde entier. Le "fichier lobbying" de Monsanto n’est pas le premier scandale qui montre qu’un grand groupe capitaliste est prêt à tout pour faire autoriser ses produits, et tant pis s’ils sont dangereux, voire mortels. Mais il faudra bien plus qu’une énième « affaire » pour empêcher ces géants capitalistes d’empoisonner toute la société.

Je ne peux que réclamer avec certains paysans, qui en sont bien souvent les premières victimes comme le rappellent les procès intentés depuis quelques années à Monsanto, associations et organisations environnementales, l’interdiction de tous les produits dont la nocivité a été prouvée dont le glyphosate bien entendu. Il faudrait également interdire la mise sur le marché de tout produit sur l’usage duquel le moindre doute subsiste, en d’autres termes inverser la charge de la preuve. Cela ne pourra véritablement être efficace que si la recherche sur ces questions est publique, indépendante des industriels et des lobbies agricoles et chimiques, c’est-à-dire placée sous le contrôle et la vigilance de la population et des associations qui la représentent. Cela signifie imposer la transparence la plus grande, sans s’arrêter devant le secret des affaires, du commerce ou de la finance.

Je suis aussi pour l’interdiction en France comme ailleurs de tout produit « particulièrement polluant ». Combien de morts auraient pu être empêchés si les industriels n’avaient pas sciemment continué à utiliser l’amiante durant des décennies ? Et combien liés à l’usage d’un additif au plomb dans l’essence ? Dans les deux cas, d’ailleurs le scandale continue à l’échelle mondiale, car les mêmes industriels continuent d’utiliser ces poisons reconnus là où aucunes normes dans ce sens ne viennent les y contraindre."