Lettres aux candidat-e-s aux élections européennes 2019

Madame, Monsieur,

Vous avez l’ambition de représenter la France au Parlement européen pour la mandature 2019-2024.
Nous sommes des citoyen-e-s inquiet-e-s mais mobilisé-e-s, qui avons organisé la septième Marche mondiale contre Monsanto/Bayer le 18 mai prochain dans 38 villes en France et des dizaines d’autres dans le monde entier. Une marche soutenue par une centaine d’organisations internationales ou locales.

Nous vous demandons de bien vouloir prendre position et vous engager sur trois sujets d’intérêt général. Trois sujets qui concernent la santé des personnes et la survie de la biodiversité. Trois sujets qui engagent l’avenir de l’Europe, et votre crédibilité en tant que responsable politique.

1. Nous vous demandons de soutenir une réforme radicale de la PAC pour mettre en place une agriculture respectueuse de la biodiversité et de la santé des personnes

Les négociations en cours pour la prochaine PAC (2021-2027) peuvent être l’occasion de remettre à plat le système des subventions. Le budget de la PAC (plus de 300 milliards d’euros dont la France bénéficie particulièrement) est un excellent levier pour la transition vers une agriculture écologique, mais intensive en création d’emplois.
Pour avoir une information plus détaillée sur nos demandes concernant la PAC, nous vous invitons à consulter ce document rédigé par une trentaine d’organisations.

2. Nous vous demandons de voter le non-renouvellement de l’autorisation du glyphosate dans l’Union européenne en 2022 et, dès 2020, de soutenir un plan d’accompagnement pour une sortie progressive des pesticides de synthèse

En 2015, l’OMS a classé le glyphosate comme "potentiellement cancérogène". Une agriculture écologique est possible sans glyphosate et sans pesticides de synthèse. Vous en trouverez une illustration scientifique dans ce rapport de l’INRA.

3. Nous demandons que les procédures d’évaluation des risques pour les autorisations de mise sur le marché des produits de synthèse liés à l’agriculture soient menées selon des critères définis par des agences européennes indépendantes et protégées de tout conflit d’intérêt avec les industriels du secteur agrochimique

La proposition du 11 avril 2018 de la Commission adoptée par l’UE cette année "doit permettre de renforcer la transparence du processus d’évaluation du risque et fournir des garanties supplémentaires en ce qui concerne la fiabilité, l’objectivité et l’indépendance des études utilisées en matière d’évaluation du risque." Mais l’UE n’a fait que la moitié du chemin en laissant les industriels décider seuls des critères d’évaluation des risques. Nous demandons donc à l’UE d’assurer une évaluation des risques dans l’intérêt général.
Nous vous invitons à consulter ce rapport et ce document sur les carences des méthodes d’évaluation actuelles et les propositions qu’ils contiennent. Nous vous rappelons également une récente décision du Tribunal de l’Union européenne du 7 mars dernier qui, saisi par des députés européens, a estimé que l’intérêt du public à accéder à l’information en matière d’environnement était supérieur à l’intérêt commercial dans l’affaire du renouvellement de la licence du glyphosate.

Merci pour vos réponses à nos différentes demandes.
Nous vous prions de croire, Madame, Monsieur, à l’expression de nos sentiments militants.

Le Collectif français pour la Marche mondiale contre Monsanto/Bayer