Climat et OGM : la propagande de Monsanto pour la COP21


Source : Réseau Action Climat France http://www.rac-f.org/IMG/pdf/Fiche_semences_ogm.pdf

Autour de la conférence de Paris sur le climat, tous les acteurs dominants du marché des semences, notamment
des semences génétiquement modifiées, s’activent. Les entreprises de biotechnologies sont les premières à
vanter les mérites de leurs innovations brevetées pour sortir de la crise climatique, qui menace directement les
équilibres naturels et sociaux.
Seulement quatre multinationales se partagent aujourd’hui près de 75% du secteur des semences (Monsanto,
DuPont, Syngenta et Limagrain). La part de marché des 9 plus grandes entreprises semencières de la planète
est passée de 12,5% en 1985, à près de 61% en 2012. On retrouve ces entreprises dans l’Alliance mondiale
pour l’agriculture intelligente face au climat (via leurs associations professionnelles). Elles étaient aussi présentes
à Paris lors d’une conférence sur « Agriculture et changement climatique » en février 2015. Enfin, lors du Salon
international de l’agriculture, le Premier Ministre et le Président de la République ont insisté sur la nécessité d’une
relance de la recherche sur les OGM pour l’« agriculture de demain ».

Autant de fausses solutions et de propagande dénoncées par les associations engagées dans la lutte contre le changement climatique qui viennent de réaliser une excellente fiche à propos des OGM et du climat.

Monsanto et le business du climat : Prévenir, fournir, guérir pour s’enrichir

L’entreprise Monsanto est aujourd’hui le leader mondial du secteur des semences en général, et des OGM
en particulier. Même si elle s’affiche de moins en moins directement ces dernières années et préfère
exercer son influence au travers de groupements professionnels, l’entreprise s’intéresse de près à la COP21.
En témoigne un récent tweet de sa filiale européenne, reprenant un article intitulé « La France veut plaider
pour les technologies agricoles à la COP21 » . Car Monsanto prétend avoir développé ces dernières années
de nombreuses « solutions » destinées à répondre aux enjeux supplémentaires que posent les impacts des
changements climatiques aux agriculteurs.
En ce qui concerne les semences génétiquement modifiées pour s’adapter à des conditions climatiques
diverses, Monsanto estime être « positionné pour livrer aux agriculteurs des produits résistants au changement
climatique ».

L’entreprise investit également dans la recherche et développement dans les pays du Sud,
comme avec son programme « Maïs économe en eau pour l’Afrique ».
Mais Monsanto s’est engagé au-delà de la production agricole en rachetant le bureau d’étude américain
Climate Corporation en 2014. Ce bureau d’étude est spécialisé dans la gestion des risques agricoles, marché
estimé à 20 milliards de dollars. Il modélise des données agricoles et météorologiques et élabore des
prévisions destinées à optimiser les récoltes. Il permet également à Monsanto de conseiller ses différentes
semences aux agriculteurs, selon les scénarios. Et si un agriculteur est tout de même fortement impacté
par une sécheresse ? Pas de problème : via le rachat de Climate corporation, Monsanto détient également
l’entreprise Total Weather Insurance, qui proposera des polices d’assurances spécifiques.