Pourquoi il faut participer à la manif mondiale contre Monsanto le 25 mai 2013

Semences OGM, Round-up, hormone de croissance bovine, PCB, aspartame, agent orange... Le point commun entre tous les mots de cette liste toxique ? Monsanto... La multinationale américaine peut trembler, car après "le monde selon Monsanto", voilà que se dresse le monde contre Monsanto ce samedi 25 mai.

Monsanto est la firme emblématique de la saga de l’agrochimie mondiale. Un empire industriel, qui, à grand renfort de rapports mensongers, de pressions et tentatives de corruption, est devenu l’un des premiers semenciers de la planète. En effet, Monsanto, qui représente le leader mondial des OGM, est aussi l’une des entreprises les plus controversées de l’histoire industrielle. En témoigne l’incroyable enquête de Marie-Dominique Robin intitulée "Le monde selon Monsanto" qui "dévoile "une réalité qui fait mal aux yeux et qui serre le cœur" comme l’a commenté Nicolas Hulot.

Comment la société Monsanto est-elle devenue un des principaux empires industriels de la planète ? En inscrivant à son pedigree rien de moins que la production à grande échelle de quelques-uns des produits des plus dangereux de l’ère moderne :

Les PCB : des huiles chimiques utilisées comme isolants dans les transformateurs électriques et radiateurs pendant plus de 50 ans dont Monsanto a caché la nocivité dévastatrice jusqu’à leur interdiction au début des années 80. Ces huiles ont également été largement utilisés comme lubrifiants dans les turbines et les pompes, dans la formation des huiles de coupe pour le traitement du métal, les soudures, les adhésifs, les peintures et les papiers autocopiants sans carbone.

La dioxyne issu du tristement célèbre agent orange, le défoliant déversé sur les forêts et les villages vietnamiens par l’armée américaine (ce qui permettra à Monsanto de décrocher au Pentagone le plus gros contrat de son histoire). Sa fabrication a été interdite alors même que Monsanto a savamment nié la toxicité de ce produit en présentant des études scientifiques truquées ;

Les hormones de croissance laitière et bovine - premier banc d’essai des OGM -, dont l’objectif est de faire produire l’animal au-delà de ses capacités naturelles malgré les conséquences avérées sur sa santé et la santé humaine ;

Le désherbant Roundup, vendu prêt à l’emploi aux agriculteurs et jardiniers amateurs et présenté à longueur d’écrans publicitaires comme biodégradable et favorable à l’environnement. Monsanto a ensuite été condamné pour publicité mensongère. Plusieurs études scientifiques ont montré la toxicité de ce produit, notamment l’étude du professeur Gilles Eric Séralini de l’université de Caen, qui a révélé que le produit avait un caractère cancérigène sur des rats en ayant consommé pendant 2 ans. En plus de développer les cancers, le Roundup est notamment accusé d’être à l’origine de troubles de la reproduction. De plus, il est également toxique pour les animaux, les eaux et les sols dont il détruit les micro-organismes.

L’aspartame (le "faux sucre") : Marie-Monique Robin, dans son enquête intitulée "Notre poison quotidien", a révélé les conditions scandaleuses dans lesquelles l’aspartame a été mis sur le marché aux Etats-Unis en 1981 : une étude de toxicité médiocre, des mensonges éhontés, la pression de l’administration Reagan pour autoriser cet édulcorant produit par la firme Searle, alors dirigée par... l’ami républicain Donald Rumsfeld ! C’est en 1985 que Monsanto fait l’acquisition de GD Searle. Aujourd’hui, alors que l’aspartame est présent dans au moins 6000 produits (nom de code E951), plusieurs études révèlent ses effets néfastes sur la santé, et notamment sur les femmes enceintes.

les OGM : La communauté scientifique est très partagée sur les effets de la transgenèse et les retours d’expérience sur les ogm cultivés n’apportent la preuve ni de leur innocuité pour la santé et l’environnement ni de leur capacité à intensifier la production alimentaire pour vaincre la faim. Un scientifique a notamment osé affronter Monsanto : le Pr Séralini. Il a publié en septembre 2012 une étude sur les OGM dans une revue scientifique de référence " Food and Chemical Toxicology " qui montrait que les rats soumis à une alimentation à base de maïs OGM NK603 développaient beaucoup plus de tumeurs que des rats témoins. De plus, l’utilisation de semences hybrides représente un danger pour la biodiversité, en rendant la terre stérile et les agriculteurs dépendants des produits chimiques.

Le brevetage du vivant : Monsanto a toujours avoué que la manipulation génétique était un moyen d’obtenir des brevets et droits de propriété sur les graines, c’est cela son vrai objectif. En contrôlant les semences, la firme peut contrôler la nourriture mondiale. Sur des prétextes d’amélioration de la rentabilité et de la qualité des récoltes, Monsanto a réussi au fil des années à imposer ses OGM et un incroyable processus d’asservissement des producteurs grâce au système des brevets. Et dés qu’un brevet est déposé, il signifie "royalties" et donc augmentation des prix... Après avoir longtemps laissé les paysans de nombreux pays utiliser leurs semences génétiquement modifiées, la firme attaque désormais en justice ceux qui réutilisent ses semences sans avoir payé les royalties, même ceux dont les champs ont été contaminés par pollinisation. Monsanto a ainsi attendu qu’ils en soient dépendants avant de les contraindre à payer de plus en plus cher pour utiliser ses produits. Une stratégie de long terme, très planifiée donc l’objectif est de parvenir à une situation de monopole pour contrôler l’approvisionnement alimentaire mondiale. Car oui Monsanto veut devenir le roi du monde en devenant propriétaire du vivant. Nous dépendrons peut-être bientôt de la firme pour chaque graine que nous semons et chaque champ que nous cultivons. Une sorte de pouvoir de vie ou de mort sur l’être humain.

Le monde contre Monsanto

"Nous refusons d’être mis devant le fait accompli d’une pollution génétique et chimique de notre environnement et de notre santé !" expliquent aujourd’hui sur le site du mouvement "March against Monsanto" les organisateurs de la manifestation mondiale contre Monsanto qui a lieu le 25 mai.

Ils précisent : "Aux Etats-Unis, la FDA - agence chargée d’assurer la conformité des aliments commercialisés- est dirigée par d’anciens employés de chez Mosanto. Ce qui nous amène à soupçonner un conflit d’intérêt qui expliquerait le manque de recherche de la part du gouvernement sur les effets à long terme des produits contenant des OGM. Récemment, le Sénat américain ainsi que le président ont accordé ce que l’on surnomme le " Monsanto ProtectionAct " ; une loi qui, entre autre, interdit aux tribunaux de condamner Monsanto à retirer des graines génétiquement modifiés du marché sous prétexte qu’elles porteraient atteinte à autrui et à l’environnement. Depuis trop longtemps, Monsanto a été le bénéficiaire de subventions et de favoritisme politique. Les petits producteurs et les producteurs bio enregistrent des pertes tandis que Monsanto continue de forger son monopole en approvisionnant le monde entier, y compris en brevetant des semences et des manipulations génétiques."

Comment combattre Monsanto ?

- Le pouvoir est dans l’assiette ! Achetons bio et boycottons les entreprises qui utilisent des OGM dans leurs produits.
- Demandons un étiquetage signalant les OGM dans les produits afin que nous puissions faire nos achats en connaissance de cause.
- Demandons l’abrogation du " MonsantoProtection Act " aux Etats-Unis.
- Diffusons la vérité sur Monsanto autour de nous, notamment via les réseaux sociaux.
- Descendons dans la rue pour montrer au monde et à Monsanto que nous n’allons pas accepter tranquillement ces injustices.

Rendez-vous le 25 mai !

Voici le lien pour participer et connaitre le programme, les lieux et horaires des rassemblements

Source : Bioaddict